Slow Food
   

Apprendre de la pêche


18 Apr 13

La protection des petites pêcheries et le manque de perspectives pour les jeunes. La règlementation européenne et la gestion des eaux intérieures. Le problème des espèces rejetées en mer et de celles élevées seulement pour être transformées en farines animales. La difficulté à trouver des poissons rustiques sur les étals des marchés et l’absence d’informations claires pour un choix conscient et attentif aux équilibres environnementaux. Voici quelques-unes des thématiques qui animent les Ateliers de l’eau, des moments de débat et d’échange avec des chercheurs, des chefs, des pêcheurs et des experts du secteur. Des rendez-vous ouverts au public qui se déroulent soit dans l’espace géré par Slow Food et le Mipaaf, soit sur la scène située le long des quais.


Les rencontres Sulla stessa barca! Pescatori e scienziati, un dialogo da incentivare (Tous dans le même bateau ! Pêcheurs et scientifiques, un dialogue à instaurer), au programme le jeudi à 21h, et Pesca: non è un mestiere per giovani? (Les jeunes et la pêche, pourquoi pas ?) samedi à 12h, seront dédiées aux pêcheurs et aux jeunes ; on y discutera de l’absence de leviers nouveaux, de leurs doutes sur le futur et des obstacles que les véritables protagonistes de la mer rencontrent chaque jour, dans la quasi-indifférence totale du monde politique et des médias. « Il est difficile de parler de travail dans un secteur qui a perdu 17 000 postes directs durant les dix dernières années et sur lequel pèse une proposition de réforme de la politique commune de la pêche, qui se propose de créer de nouveaux emplois à travers la réduction de 30% de la flotte d’ici à 2020 » commence Ettore Iani, président de Lega Pesca. « Les conditions de travail sont extrêmement dures et les perspectives de revenus sont aujourd’hui plus incertaines que jamais, mais le problème réside dans le fait de donner une nouvelle identité au métier de pêcheur, en qualifiant la profession et en la soutenant par un système adéquat et structuré de formation, dont on ressent encore l’absence en Italie. »


On le sait, les nutritionnistes suggèrent de consommer du poisson au moins deux fois par semaine, mais comment le choisir ? Les facteurs à considérer sont nombreux, des conditions d’élevage au respect de l’environnement. Souvent il est aussi difficile, autant pour les chefs que pour les consommateurs, de trouver les espèces délaissées. « Pour débloquer cette situation, qui risque de faire disparaître des tables italiennes des poissons riches en goût et en traditions, il est nécessaire de les connaître et de les demander, en incitant ainsi les pêcheurs à ne pas se limiter à la capture des variétés habituelles, » explique Franco Andaloro, directeur de recherches à l’Institut Supérieur pour la Protection et la Recherche environnementale (ISPRA). « Les activités d’éducation qui éveillent la curiosité des consommateurs sont fondamentales. Quelques poissonniers ont par exemple pris une initiative intéressante en proposant des plats semi-élaborés à base de poisson frais et en faisant connaître l’orphie ou une sauce à base de bonite à dos rayé. » On en parle dans Il pesce a tavola. Dalla parte dei consumatori (Le poisson à table. Du côté des consommateurs), le samedi à 15h, et dans Il pesce povero dov’è (Où sont les poissons dits \"pauvres\" ?), dimanche à 15h.


Le gaspillage sera aussi au cœur des débats : non seulement on pêche trop, mais une quantité élevée des prises est ensuite rejetée en mer. Non pas parce que le poisson n’est pas bon, mais simplement parce que sa valeur commerciale n’est pas assez élevée. Sans compter que 40% de ce qui est pêché est utilisé pour la fabrication de farines animales, soutenant ainsi une aquaculture intensive, hautement polluante et dangereuse pour les écosystèmes. Des experts du secteur en discuteront dans Un mare di sprechi (Un océan de gâchis), jeudi à 15h et Quando il pesce diventa mangime (Quand le poisson finit en farine), dimanche à 16h. Une législation internationale s’avère fondamentale pour ces problématiques. Elle doit pouvoir régler le phénomène croissant de l’ocean grabbing (accaparement des océans) dans les pays en développement et définir une politique concrète de la pêche au niveau européen. Pêcheurs et institutions doivent de ce fait travailler en synergie pour créer un système vertueux de gestion collective des ressources, y compris hors des zones maritimes protégées. Ces thèmes feront débat lors de La normativa in materia di pesca e le prospettive future (La règlementation en matière de pêche et les perspectives futures), jeudi à 19h, A chi appartiene il mare? (À qui appartient la mer ?), samedi à 16h et Verso una gestione collettiva delle risorse ittiche (Vers une gestion collective des ressources halieutiques), samedi à 19h.


Et plus encore : découvrez le programme complet des Ateliers de l’eau sur www.slowfish.it (entrée libre dans la limite des places disponibles).